Ministère de la Fonction Publique, de la Modernisation du Service Public, Chargé de la Réforme de l'Etat

Sceau de Republique Gabonaise

Mot du Minitre

Chers usagers,

Comme son nom l’indique, le Ministère de la Fonction Publique, de la Modernisation du Service Public, chargé de la réforme de l’Etat est en charge de la gestion des Ressources humaines de l’Etat et de ses cadres organiques.

Depuis 1990, les évolutions tant constitutionnelles qu’institutionnelles ont poussé l’Etat et la Fonction Publique vers une orientation professionnelle trop longtemps retenue. De manière conséquente, l’Etat s’est inscrit dans une démarche opérationnelle stratégique en termes de proximité et de qualité du service public, et surtout de développement des ressources humaines au sens moderne du terme.

Pour mémoire, il faut savoir qu’à la suite du Programme National de Réforme Administrative (PNRA) de 1996 à 2005, le Programme de Réforme et Modernisation de l’Administration (PRMA) a été mis en place en 2009. Il s’appuie sur les grandes orientations du Plan Stratégique Gabon Emergent (objectif stratégique n°3 : aligner le cadre institutionnel au PSGE).

Ce programme vise la transformation et la modernisation de l’administration gabonaise selon la vision énoncée par le Président de la République Chef de l’Etat Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA dont les principaux axes sont de :

-      fonder l’action dans les objectifs économiques, éthiques et stratégique de la fonction publique de l’Etat ;

-      renforcer les bases de la performance, de la qualité du service public et la protection des agents publics ;

-      dynamiser et amplifier le dialogue social dans la Fonction Publique.

Les mesures portées par le Gouvernement depuis 2009 n’ont pas altéré l’objectif principal défini par le PSGE. Ce sont les améliorations qui, sous le coup des contextes évolutifs, amènent le Chef de l’Etat, son Excellence, Ali BONGO ONDIMBA à instruire le gouvernement de mettre en place un mode de gestion intégrée des ressources humaines de l’Etat et de la paie, d’une part, et d’autre part à mettre fin à l’évolution anormale de la masse salariale qui compromet considérablement les efforts d’investissement et donc de croissance de notre pays. Concrètement, la situation actuelle de notre pays se présente comme suit : une Fonction Publique dont la population est aujourd’hui de 105 851 agents alors que la population totale du Gabon, selon le dernier recensement général de la population, est d’un peu plus de 1 800 000 habitants, ce qui indique un ratio de 55 agents publics pour 1000 habitants. A titre de comparaison, le Cameroun voisin qui compte 23 439 190 habitants, présente un rapport fonction publique/population qui est de 13 agents publics pour 1000 habitants. Le Sénégal, 15 084 690 habitants, compte 132 733 agents publics, soit 8 agents fonctionnaires pour 1000 habitants. Le Congo, 5 125 821 habitants, a 150 000 fonctionnaires, soit 29 agents publics pour 1000 habitants.

Il nous faut par conséquent :

  1. ramener la masse salariale mensuelle à 40 milliards FCFA pour atteindre un objectif de réduction global de 70 milliards à la fin de l’année 2018 et à 35 milliards FCFA en 2019 ;
  2. stabiliser la masse salariale ;
  3. mettre en place des mesures structurelles de gestion des ressources humaines et de la paie.

Ma mission dans ce département ministériel est donc claire et ma feuille de route désormais établie. Cette mission consiste d’abord dans la mise en œuvre urgente des mesures annoncées par le Conseil des Ministres en sa séance du 21 juin 2018 à savoir :

  1. la mise en bons de caisse des agents de l’Etat ;

Cette mesure, qui s’est déroulée du 17 au 24 juillet 2018, concernait d’abord les agents publics exerçant dans la province de l’Estuaire. Elle visait à :

  • assainir le fichier des titulaires de fonctions afin de déceler les cas de perceptions indues ;
  • mettre à la retraite immédiate les agents absents pour cause de maladie de longue durée;
  • préparer les audits des fichiers solde et fonction publique.
  1. la dénonciation de contrats de tous contractuels ayant plus de 60 ans y compris les fonctionnaires maintenus en activité ayant plus de 60 ans ;
  2. le contrôle des agents en « présalaire » ;
  3. l’assainissement du fichier des titulaires de fonctions pour évaluer le niveau des indemnités indues ;
  4. l’examen des situations administratives (Avancement et reclassement) après 2015 ;
  5. la suppression du délai de " préavis fin fonction " accordé aux agents non statutaires exerçant les fonctions de Cabinet et démis de leurs fonctions ;
  6. l’audit des effectifs de la Fonction Publique ;
  7. l’assainissement du fichier des Contractuels expatriés ;
  8. l’effectivité du Programme de départ anticipé à la retraite ;
  9. le gel des recrutements, des concours et de mises en stage étendu à l’ensemble de l’administration pour une durée de 3 ans ;
  10. le gel des titularisations, des avancements et des reclassements pour une durée de 3 ans ;
  11. le gel des recrutements en qualité de contractuel hors statut des agents déjà retraités ;
  12. l’effectivité du Plan de Départ Volontaire de la Fonction Publique assortie de mesures d'accompagnement ;
  13. l’installation des pointeuses dans toute l'Administration Publique ;
  14. l’installation des pointeuses dans toute l'Administration Publique ;
  15. la mise en détachement des membres permanents du bureau directeur ou exécutif d'un parti politique, d'un syndicat ou d'une fédération sportive.

Cette mission consiste enfin et surtout dans la mise en œuvre des reformes structurelles engagées par notre pays depuis quelques années avec le soutien de nos partenaires internationaux, notamment :

  1. la révision du statut général de la fonction publique;
  2. la redéfinition des statuts particuliers des corps de la fonction publique d’Etat ;
  3. la programmation, la planification des recrutements, des concours, des formations, etc. ;
  4. la définition des cadres organiques à l’effet de dimensionner la taille de l’administration;
  5. l’évaluation des performances de l’agent public et l’avancement au mérite dans son parcours professionnel ;
  6. l’acquisition d’un Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines et de la Paie (SIGRHP).

Pour conclure,

Ce que d’aucuns considèrent déjà comme « sale boulot » pour parler de manière triviale, me semble plutôt une mission d’urgence et de survie. En tout cas, une mission exaltante car, pour la première fois dans l’histoire de la Fonction Publique gabonaise, le Président de la République donne l’occasion au Gouvernement de construire notre administration avec nos propres ressentis, nos propres règles, nos attentes et notre propre expertise.

C’est une occasion unique qu’il nous faut capitaliser et inscrire désormais dans les annales de notre administration.

Demain, après avoir réussi à garantir la viabilité de notre modèle de Fonction Publique, à améliorer les conditions de travail, à assurer le principe de la carrière ascendante, la qualité du service public et le versement régulier des salaires, nous pourrions être fiers d’avoir pu, malgré les malentendus, anticipé l’avenir pour tous les jeunes diplômés qui voudront choisir de faire carrière dans l’administration publique gabonaise.

C’est pourquoi ma joie est immense d’amorcer ce changement historique avec les fonctionnaires de mon ministère et les lecteurs de ce site internet.

J’invite d’ores et déjà l’ensemble des agents publics et particulièrement les fonctionnaires du Ministère en charge de la fonction public à se mobiliser pour la réussite de notre mission.

Dans ce challenge, rien ne vaut un esprit d’équipe, la solidarité et l’abnégation pour nous permettre de relever ce défi pour une gestion efficiente et pérenne du service public. Que l’Eternel Dieu, le Clément et le Miséricordieux nous assiste.


Ali Akbar ONANGA Y'OBEGHE


Modifié : 15 / 09 / 2018


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